Le temps passe, emporte les souvenirs, tout change. J'ai du mal à revoir en nous les enfants qui se brulaient les ailes à trop s'aimer, qui se déchiraient presque volontairement. Tous ces mots que l'on s'est dit, douceur de velours, poignard tranchant, pour se les retirer ou se les enfoncer plus profondément. A quoi jouait-on ? A quoi pensait-on ? Savions- nous alors que ce jeu nous resterait en travers de nous, comme une flèche en plein c½ur, savions-nous alors qu'à trop s'écarter des chemins tracés, nous garderions un peu des deux autres en nous ? Peu à peu tout s'efface, comme les vagues sur la rive détruisent les pâtés de sable, tout, sauf eux. Nos paroles, nos rires, nos pleurs, nos cris. Ce passé si présent qu'il en devient palpable, si opaque qu'il vous étouffe lorsque l'on ne connait pas les armes qui vous sauvent.Qu'importe le fait que je fus alors jeune et sans expérience, lui seul m'a apprit ce que signifie réellement le verbe aimer. Jamais je n'avais aimé quelqu'un aussi fort, aussi passionnément, et depuis je n'ai plus aimé quelqu'un avec autant d'intensité. Deux ans. Deux ans que je l'ai rencontré, un an que je l'ai aimé. Plus d'un an. Suis-je donc condamné à ne vivre qu'en me souvenant de lui, de ses paroles, de ses sourires ? Pourquoi après tout ce temps passé, après toutes ces heures écoulées, après toutes ces étapes traversées, la seule évocation de son nom fait monter en moi les larmes ? Je ne l'aime plus pourtant. Rien n'a été aussi sur que cela depuis bien longtemps. Bien trop longtemps. Depuis deux ans. Date où sans le savoir, en acceptant de lui parler sur msn, je me suis condamnée. Je nous suis condamnée. Ce n'est pourtant rien dans une vie. Des heures, des secondes, des fragments d'instants, et pourtant je m'y accroche comme si ce fut la seule raison que j'eus, que j'ai, d'exister. J'ai la certitude aujourd'hui, qu'il ne regrette plus, de n'être pas près de moi. De n'être plus, chaque seconde de nos vies, là pour moi. A quoi servait-donc de causer tout ce tord, à quoi tout cela servait-il ? J'ai beau dire qu'il est sortit de moi, qu'il ne compte plus autant et qu'aucune de ses paroles m'atteindront encore, j'ai le c½ur lourd. Je n'ai plus assez de larmes pour épancher mon c½ur, tant j'ai pleuré pour lui, pour ce nous qui ne reviendra jamais. La lassitude m'étreint, je n'en peux plus. Chaque jour, avancer, sourire, dire que tout va bien, se forcer à aimer un autre qui n'est pas lui, qui ne sera jamais lui. Je n'en puis plu, de toute cette lourdeur, de tout ce chagrin, de tous ces souvenirs. Je n'en veux plus de son nom qui s'entrelace dans ma tête, tourne, s'envole, comme une symphonie. Et pourtant qui pourrait se douter de la tempête, du vent et des contres courants qui m'oppressent, qui m'emprisonne, sous ce sourire mensonger, si facile à donner, si habile à cacher les secrets du c½ur ? Brisée. Brisée au plus profond de l'âme, comme un poignard dans le dos, les vagues du passé, les remords. Brisée. Que m'aura-t-il apporté, au final, si ce n'est ces larmes, ces regrets ? Je ne sais pas, je ne comprends pas, pourquoi de ma tête il ne s'en va pas.
Pourquoi perds-je mon temps à repenser à tout ça, puisque je sais, aujourd'hui, que ce temps est révolu ? Pourquoi, je continu à avoir des regrets ?
Parfois, j'ai le sentiment que son nom ne partira à jamais de moi, que depuis qu'il est entré, il m'empoisonne, me tue tout doucement. Il me tue à coup de bonheur volé, à coup de plaisir arraché, de regrets et de chagrin. Il parait que les sentiments s'épuisent avec le temps, alors pourquoi ne me quitte t'il pas, pourquoi, je pense toujours à lui ? Il n'est pas humain. Dites moi qu'il ne l'est pas ! On ne peut pas procurer autant de bonheur et de douleur à la fois. On ne peut pas réussir à se faire aimer autant après tout ça. Ca n'a pas de sens. Ca n'a jamais eu de sens.
Je veux l'oublier, et plus j'essaye, plus il persiste, il ne part jamais, me hante. Le temps passe, mais rien ne change.
Mais ne vous en faites pas, je vais bien.